Ce site utilise des cookies afin d’améliorer votre expérience utilisateur et de réaliser des statistiques d’audience.
J'accepteJe refuseEn savoir plus
en es
en es
Menu
Toutes nos actualités
04/05/2021

La vérification d’identité se digitalise

vérification d'identité

La révolution numérique, accélérée par la crise sanitaire, ainsi que par les dernières directives relatives à la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, ont développé les besoins de recourir à des services de confiance dans le domaine de la vérification d’identité en ligne. Ces services deviennent dans le monde numérique ce qu’étaient les documents d’identité physiques.

Nous vivons une période de profondes transformations. Chaque jour, l’économie digitale amène des évolutions dans de nombreux domaines. Ainsi, les Fintech ont révolutionné le paiement et plus largement les interactions bancaires ces dernières années. Elles ont rendu possible, via l’avènement de l’ère du mobile, de nouveaux usages, plus faciles et moins contraignants pour les utilisateurs tels que des banques 100% digitales, des services de paiement mobile, de transfert d’argent, d’agrégation de comptes bancaires, etc.

L’identification n’échappe pas à cette lame de fond d’innovations, mais plus encore doit proposer des services répondant à ces nouveaux enjeux du distanciel. Jusqu’ici, la vérification d’identité des clients finaux se faisait principalement physiquement, par le contrôle de documents d’identité émis par des organismes régaliens. Mais la digitalisation de l’économie, renforcée par le contexte pandémique, a fait exploser les nouveaux usages. Les solutions d’identification à distance ne sont plus simplement un luxe, elles sont devenues une nécessité absolue pour que les entreprises mènent à bien leur transformation. Elles ont donc dû se transformer radicalement pour coller aux nouvelles attentes.

 

Une évolution profonde

 

À leur genèse, les services de vérification d’identité consistaient principalement à analyser une photocopie de document via un contrôle automatique permettant d’en garantir l’authenticité. D’abord manuels, ces services se sont peu à peu automatisés en apportant de nouveaux contrôles. Ainsi, la vérification d’un document d’identité basée sur la seule MRZ a été complétée par la vérification d’éléments de sécurité à la lumière visible et par le croisement d’informations. Cela a permis de de vérifier l’intégrité des données lisibles sur une pièce et son authenticité. Mais l’usage de ces services se faisait la plupart du temps dans un deuxième temps, après validation physique d’un employé.

Avec la naissance des nouveaux usages numériques, le processus d’identification a été porté sur des services 100% en ligne. Au démarrage, il fut essentiellement adopté par les acteurs à la pointe, pour se distinguer. Un nice to have, pas encore un must have

Le renforcement des obligations des acteurs régulés, comme les banques, au regard de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme a rendu ce type de service obligatoire dans le cadre d’entrée en relation à distance.

À la seule vérification du document d’identité, est venue se greffer la vérification de l’identité du porteur sur la base de technologies de détection du caractère vivant de la personne ainsi que de reconnaissance faciale biométrique.

Mais comment rassurer quant à la robustesse et la performance de ces services par rapport à un face à face en agence ?

 

Un marché encadré

 

La lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT) a largement contribué à l’évolution de la vérification d’identité. La quatrième directive, en obligeant les organismes effectuant des transferts de fonds – les établissements financiers notamment – à contrôler deux pièces permettant de justifier l’identité d’une personne, a eu pour effet de faire exploser le nombre de demandes faites à des entreprises spécialisées.

La cinquième a accentué cela en imposant à ces organismes, dans le cadre d’une des mesures de vigilance du Code des Marchés Financiers, le recours à une certification PVID (Prestataire de Vérification d’Identité à Distance). Cette certification, première du nom au niveau mondial, a été développée par l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) et sera accordée à des organismes pouvant démontrer l’efficience de leurs services tant en termes de robustesse que de performance. L’objectif est de certifier des services apportant une garantie équivalente à un face à face.

C’est un pas en avant pour ce marché mais ce sont aussi de nouvelles familles de contrôles qui devront être proposées dans le cadre de ces services. Notamment des contrôles du document d’identité qui devront s’effectuer sur une vidéo afin de vérifier des éléments de sécurité non visibles sur une capture statique (OIV, hologrammes, etc…). Là encore, donc, la réglementation fait avancer les services de vérification d’identité dans leur constante amélioration pour lutter contre les fraudeurs.

En clair, plus les menaces que font peser le blanchiment et le terrorisme grandiront, plus il y aura de directives pour encadrer les transferts de fonds et la vérification d’identité et plus les services associés se devront d’être performants. C’est par ce biais que les citoyens pourront vivre dans un monde plus sécurisé.

 

Prestataire de vérification d’identité : les nouveaux gendarmes de l’Internet ?

 

La sixième directive, entrée en vigueur pour les États membres le 3 décembre 2020 et qui doit être mise en œuvre par les institutions financières d’ici le 3 juin 2021, envisage d’aller plus loin dans la pénalisation de la fraude à l’identité.

Aujourd’hui, lorsque les faux documents sont remontés par les organismes KYC (en cours de certification PVID) aux établissements demandeurs, cela donne simplement lieu à un « blocage » du service au fraudeur. Demain, avec cette nouvelle directive, ce dernier pourra être poursuivi pénalement et encourir jusqu’à deux ans d’emprisonnement. Une mesure donc particulièrement dissuasive, qui aura pour effet de transformer les futurs organismes PVID en « superflic » de l’Internet.

Et la suite ? Les prochaines années devraient voir arriver un profond changement : le passage d’une vérification d’identité par chaque fournisseur de service à une vérification d’identité « unique », la même pour tous les fournisseurs de services. Une véritable identité numérique…

 

Par Bertrand Bouteloup, Directeur General Adjoint chez ARIADNEXT.

Suivez-nous !
contact